Soutenir une éducation plus digne depuis Stambruges

Article de Pierre-Laurent CUVELIER paru dans l’édition du lundi 20 octobre 2014 du journal l’Avenir.

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Au Sénégal comme dans beaucoup de pays africains, les cours se donnent face à des classes bondées.

Au Sénégal comme dans beaucoup de pays africains, les cours se donnent face à des classes bondées.

Ancien instituteur au Sénégal, Kémo a choisi de s’investir pour améliorer la situation scolaire des enfants de sa région natale.

 

La Casamance, une région enclavée et meurtrie par plus de trente ans de rébellion séparatiste, est loin d’attirer les projecteurs. Cette zone située au sud du Sénégal semble en effet avoir été quelque peu oubliée par les ONG, qui lui préfèrent les territoires du Nord du pays.

La réalité sur le terrain est pourtant là aussi aux antipodes des besoins élémentaires (accès à l’eau potable, à une alimentation saine et équilibrée…) que tout être humain devrait être en droit de réclamer. Rien qu’en matière d’éducation, inutile de vous faire un dessin, les établissements scolaires manquent de tout et ont à pâtir de conditions d’hygiène déplorables.

Des classes surpeuplées

Kémo Keïta en sait quelque chose, lui qui fut instituteur primaire pendant douze ans au Sénégal avant de s’expatrier en Belgique. «En Europe, cela paraît impensable mais là-bas, les classes sont bondées, ce qui rend évidemment l’apprentissage très difficile. Il n’est d’ailleurs pas rare d’être amené à enseigner dans un local où sont entassés entre cinquante et cent enfants. À cela, vous ajoutez un manque criant de matériel scolaire et pédagogique».

Désormais installé dans le village de Stambruges, l’ancien enseignant n’en oublie pas ses racines et a ainsi décidé de s’impliquer en faveur de sa région natale de Casamance, où toute sa famille vit encore.

Avec l’appui d’une citoyenne beloeilloise, Nathalie Museur, et du Saint-Ghislainois Nathan Buxin, Kémo s’est ainsi lancé dans la fondation de l’AISBL «Enfance de Casamance». « J’ai eu l’occasion de rencontrer Kémo en 2010 lorsque j’ai entamé des études de médiation à Dour, explique Nathan Buxin. Le courant est très vite passé et l’on a sympathisé. Quand il m’a parlé de son projet, dont la vocation était d’améliorer les conditions d’éducation dans son ancienne école à Saré-Téning, j’ai eu envie de le suivre dans cette belle démarche ».

Des relais sur place

Si les premières initiatives en faveur des enfants démunis furent plutôt informelles, les chevilles ouvrières du projet ont jugé intéressant de donner naissance à une AISBL, de sorte à pouvoir porter des actions concrètes sur le terrain. «Plutôt que de créer une ASBL, nous avons opté pour une association internationale sans but lucratif afin d’avoir des relais sur place et d’être ainsi au plus près des besoins réels de cette région défavorisée du Sénégal », poursuit Nathan, âgé de 28 ans.

Sa publication au Moniteur belge est intervenue en mai dernier et vise spécifiquement le domaine de la petite enfance. «Même si notre intervention n’est qu’une petite goutte d’eau dans l’océan, elle a le mérite d’exister. Via l’aide apportée sur place, notre intention est de pousser les jeunes à enfin prendre leur destin en mains», embraie Kémo.

Outre son école de Saré-Téning, deux autres établissements implantés dans un rayon proche (Niagha et Kitim) sont aussi repris dans le plan d’actions, qui pourrait, pourquoi pas, faire tâche d’huile et s’étendre.

Pour l’heure, ce sont pas moins de septante kilos de matériel scolaire (livres, crayons, blocs…), provenant essentiellement de dons, qui ont déjà pu être acheminés au Sénégal.

Vos dons sont les bienvenus

Avec peu de moyens mais beaucoup de bonne volonté, Nathan, Kémo et Nathalie se démènent dans leur travail de récolte de dons et de prospection, et ce en vue de faire connaître et grandir leur association. «On se rend compte qu’en étendant nos finalités, nous pourrions travailler sur d’autres aspects essentiels à un apprentissage efficace, en œuvrant notamment pour une meilleure nutrition. Nous n’en sommes toutefois qu’à nos débuts et nous préférons avancer pas à pas sans brûler les étapes », précisent-ils de concert.

Si des projets importants tels que la construction de puits dans les écoles figurent dans les perspectives de la structure fondée il y a cinq mois, la priorité actuelle reste plus que jamais d’offrir des fournitures pour pallier au plus pressé.

+ Envie d’effectuer un don? N’hésitez pas à contacter Kémo au 0497/79.69.00. Plus d’informations sur www.enfance-de-casamance.org